L'entra?neur de Bordeaux, Jean Tigana (à g.) et son adjoint Michel Pavon, lors d'une séance le 28 juin 2010 J.-P.Muller/AFP
FOOTBALL - Quand le numéro 2 pousse pour prendre la place du numéro 1, la situation devient vite intenable...
Entre un coach et son adjoint, il est rarement question d’amour. Mais comme dans n’importe quel couple, une relation saine ne se construit que sur un substrat de confiance. L’espérance de vie d’un entraîneur de L1 dépend souvent de l’osmose qui règne avec son second. «Il ne faut pas qu’il sente de défiance, qu’il peut se prendre un couteau dans le dos, témoigne Paul Fischer, n°2 de Pablo Correa à Nancy. Il faut vraiment une grande confiance, sinon, ça bloque.»
Cette saison, cela a déjà été le cas à Lens. Et malgré le discours du président Triaud, la situation reste tendue à Bordeaux entre Jean Tigana et Michel Pavon. «Apparemment, il y a des problèmes là-bas», note Fisher qui avance immédiatement un début d’explication. «Il faut que l’entraîneur nomme l’adjoint. Si ce n’est pas le cas, ça ne peut pas marcher. C’est impossible.»
«Une forme d’honnêteté»
En L1, la plupart des adjoints se définissent avant tout comme des hommes liges, pas frustrés de rester dans l’ombre, et dénués de toute ambition. Des fidèles lieutenants comme Jean-Marie de Zerbi, le bras droit de Frédéric Antonetti depuis seize ans. Changements de clubs ou période de crises, leur association résiste à toutes les secousses. A Lille, Rudi Garcia voue aussi une totale confiance en son second, Frédéric Bompard. Un homme avec qui il «n'a pas besoin de regarder dans le rétro...» Enfin un cran plus haut, l’attelage Blanc – Gasset né en 2007 à Bordeaux, perdure à la tête de l’équipe de France.
«A chaque fois, cela fonctionne parce que le numéro 2 n’a pas l’ambition de devenir numéro 1. C’est une forme d’honnêteté», note Pascal Baills, adjoint à Montpellier. René Girard n’a pas grand-chose à craindre de lui. L’ancien défenseur ne possède pas les diplômes. Cela fait dix ans qu’il voit défiler les techniciens sur le banc (Domergue, Courbis, Mézy, Bernardet ou Girard) et se définit comme l’homme d’un seul club. Jamais frappé par le syndrome
Iznogoud, un mal touchant ceux qui n'ont aucun scrupule à rompre le pacte de «non agression» qui les lie à leur supérieur.
Galtier, l’adjoint devenu numéro 1
A Marseille, Guy Stéphan jure qu’il ne lui viendrait «pas à l’idée de trahir» Didier Deschamps. Mais devant le fait accompli, certains voient parfois les choses en grand. En cas de licenciement, un président se tourne vite vers un adjoint pour entamer le sauvetage. Et parfois, la solution de remplacement se transforme en option durable. Ce fut le cas la saison passée chez les Verts, avec Christophe Galtier. A l'époque, Alain Perrin avait officiellement adoubé son ancien lieutenant, toujours en poste treize mois plus tard. Pour l'instant, avec la confiance de son propre adjoint, Alain Blachon.
Montre vacheron
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire